URBAN VILLAS
Four dwellings — at that number, the compromises habitually attached to collective housing cease to be obligatory.
Two volumes pivot against one another about a shared core, each turned away from the other so that no two apartments face the same way. Two are entered at garden level and give directly onto the ground; two sit above, beneath a roof carried past the enclosure to cover their terraces.
The façades work by redents: no elevation runs flat, and the setbacks break the length of the building into house-sized fragments. Seen from the street, nothing is long enough to register as a block.
A single material carries the whole. The structure is poured reinforced concrete, load-bearing throughout, and inside it is never covered — walls and soffits alike remain brut de décoffrage. What changes is not the material but its state. Below, a mineral render whose grain takes the light of the lake basin across the day, and whose thickness gives every opening a deep reveal: windows read as figures cut into mass rather than glazing laid over it. Above, the render stops. The concrete emerges, screened in oak claires-voies — the one warm, hand-scaled element the building permits itself.
Density and domesticity are ordinarily traded against one another. This is the trade refused.
VILLAS URBAINES
Quatre logements. Ce nombre suffit à écarter les concessions que l’on tient d’ordinaire pour inséparables du logement collectif.
Deux volumes pivotent autour d’un noyau commun, détournés l’un de l’autre, si bien qu’aucun appartement ne partage l’orientation de son voisin. Deux se prennent de plain-pied sur le jardin, deux occupent l’étage sous une toiture débordante qui abrite leurs terrasses.
Les façades travaillent par redents. Aucune élévation ne file droit ; les décrochements ramènent la longueur bâtie à des fragments qui tiennent chacun l’échelle d’une maison. Depuis la rue, nul pan ne se déploie assez pour faire immeuble.
Une seule matière porte l’ensemble, dans deux états. Le béton armé, coulé en place et porteur de part en part, reste à l’intérieur sans revêtement : murs et sous-faces demeurent bruts de décoffrage. Au-dehors, le crépi minéral en prend le relais. Son grain capte la lumière du lac au fil des heures ; son épaisseur ménage à chaque baie une profondeur d’embrasure telle que les fenêtres se lisent comme des figures taillées dans la masse, non comme des vitrages appliqués sur elle. À l’étage, le crépi s’interrompt. Le béton reparaît, filtré de claires-voies en chêne, seule matière chaude que le bâtiment consente à s’accorder.
Densité et domesticité se paient d’ordinaire l’une l’autre. Ici, rien ne s’est payé.
Quatre logements. Ce nombre suffit à écarter les concessions que l’on tient d’ordinaire pour inséparables du logement collectif.
Deux volumes pivotent autour d’un noyau commun, détournés l’un de l’autre, si bien qu’aucun appartement ne partage l’orientation de son voisin. Deux se prennent de plain-pied sur le jardin, deux occupent l’étage sous une toiture débordante qui abrite leurs terrasses.
Les façades travaillent par redents. Aucune élévation ne file droit ; les décrochements ramènent la longueur bâtie à des fragments qui tiennent chacun l’échelle d’une maison. Depuis la rue, nul pan ne se déploie assez pour faire immeuble.
Une seule matière porte l’ensemble, dans deux états. Le béton armé, coulé en place et porteur de part en part, reste à l’intérieur sans revêtement : murs et sous-faces demeurent bruts de décoffrage. Au-dehors, le crépi minéral en prend le relais. Son grain capte la lumière du lac au fil des heures ; son épaisseur ménage à chaque baie une profondeur d’embrasure telle que les fenêtres se lisent comme des figures taillées dans la masse, non comme des vitrages appliqués sur elle. À l’étage, le crépi s’interrompt. Le béton reparaît, filtré de claires-voies en chêne, seule matière chaude que le bâtiment consente à s’accorder.
Densité et domesticité se paient d’ordinaire l’une l’autre. Ici, rien ne s’est payé.